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LeBarZinc

Photos Jaunies

4 Mai 2015, 15:38pm

Publié par Lepatrondubarzinc

Photos Jaunies

Photos jaunies

Des frissons quand je contemple ces visages
d'un moment cloué à une époque oubliée
Ces regards d'enfants qu'on demande sages
nous regardant posément pas même étonnés

Photos Jaunies perdus dans les cartons
Et tous ces visages d'enfants chuchotant
La vie s'en moque déroule son ruban
Mais le temps sait qu'ils vous
reparleront

Savaient-ils aux fond d'eux dans ce moment jauni
Comme une aube équivoque d'un torrent futur
Les roulant malgré eux en cette plaine flétrie
Qui les conduira dans un lieu où rien n'est sûr

Photos Jaunies perdus dans les cartons
Et tous ces visages d'enfants chuchotant
La vie s'en moque déroule son ruban
Mais le temps sait qu'ils vous
reparleront

Pensaient-ils déjà en regardant leur besace
Que les rires et les rêves couchés sur le fond
Seront les premiers à s'échapper en surface
Pour faire place à des pauvres adultes de plomb

Photos Jaunies perdus dans les cartons
Et tous ces visages d'enfants chuchotant
La vie s'en moque déroule son ruban
Mais le temps sait qu'ils vous
reparleront

Il faut grandir il n'y a nul choix et pourtant
Ces yeux ne fixent pas l'objectif je le sais
Ils se donnent rendez-vous dans un autre temps
Pour ne pas oublier combien le temps est laid

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La peur de l'ennui est la seule excuse du travail

12 Novembre 2013, 16:10pm

Publié par Patron LebarZinc

La peur de l'ennui est la seule excuse du travail

(remise en forme du commentaire sur l'article : ICI)

Jouissive idée que de s’attaquer à l’hydre du travail. Le travail est aujourd’hui le leucocyte de la société mais avant tout la meilleure arme actuelle pour capter les masses.

Je vais gonfler tout le monde avec quelques citations mais c’est à dessein, alors tant pis …
Paul Lafargues : « La peur de l’ennui est la seule excuse du travail »
Dominique Méda disait » Confondre Culture et Travail, c’est oublier que la vie est aussi action, et pas seulement production… ».
Notons aussi Pierre Carles et son fameux documentaire « Attention Danger Travail » (ICI) mais aussi des sociologues réputés comme Robert Castel, Pierre Bourdieu, …

Ces quelques références disparates pour illustrer le fait que cette pensée de réaction vis à vis du travail n’est pas nouvelle mais reste embryonnaire. La principale raison à cela est, selon moi, des décennies d’intoxication culturelle qui rendent toute idée vraiment novatrice en la matière, inaudible, incongrue et le plus souvent insupportable (constatons tous les commentaires qui confondent bêtement la critique du travail et l’éloge de la paresse comme pour se vacciner contre un éventuel risque d’être contaminé par l’idée …). Ce sujet ne provoque pas de réflexions mais des réactions car il touche nos fondamentaux, notre socle culturel, des idées que l’on nous a injectées depuis tout petit. Nous sentons qu’il nous fait du mal mais nous ne pouvons imaginer le remettre en cause.

Non seulement le travail est un leucocyte sociétale mais il est le vecteur absolu de domination. Nous pourrions imaginer tout à fait sérieusement que son rejeton, le chômage, est son bras armé (renseignez-vous sur le NAIRU, un exemple parmi d’autres). C’est la révolution néo-libérale qui a transformé le travail en pitbull.
En 1970, 400 licenciements entraînent une grève nationale. En 1986, 300000 chômeurs, et personne ne bronche. Aujourd’hui ? bien pire encore. Le pitbull fait son travail et le travail fait son pitbull !! La peur sociale a changé de camp depuis longtemps. Remettre en cause le travail, c’est remettre en cause notre modèle, c’est remettre en cause notre société, c’est renier notre monde … et bla bla bla … pourquoi voulez vous que les hommes politiques remettent en cause une notion si bénéfique pour imposer le silence alors qu’en plus nous mêmes nous nous faisons les chantres de notre bourreau (syndrome de Stockholm).

Le terme travail n’a pas d’autre sens que celui du travail salarié et il ne sert pas à grand chose de différencier les deux termes car la confusion est déjà installée. Pourtant il s’agit bien de remettre en cause le travail salarié, pas la notion d’effort ou d’occupation même si cette confusion est alimentée par les contradicteurs bas de plafond.

Michel Husson écrit : « Si déconnexion il doit y avoir, c’est entre le salaire des travailleurs et la rentabilité directe de leur travail, et cette déconnexion ne peut s’opérer que par une socialisation de l’affectation du travail, qui passe par des transferts de valeur en direction des services moins rentables mais socialement prioritaires. Le rôle des services publics, de la socialisation de l’offre et l’objectif de gratuité tiennent une place centrale dans cette perspective. En un certain sens, elle s’oppose directement au projet de contournement qui inspire l’idée de tiers secteur, en mettant en avant l’exigence d’une maîtrise directe des choix sociaux, et donc d’une opposition frontale aux purs critères de profit. »
Le vrai combat est peut-être ici : commencer à distinguer les « valeurs d’usage » des « valeurs d’échange ».

Dans votre article mais aussi des de nombreux commentaires, vous tentez d’expliquer aux mal comprenant, qu’il faut distinguer travail (travail salarié donc) et emploi. Mais n’est-ce pas un demi-pas ? Mais est-ce que le vrai chemin ne serait pas alors de remplacer la reconnaissance du travail comme référence sociétale par sa composante intègre: l’activité.

J’ai toujours pensé que les entreprises petites ou grandes devraient trouver un label de qualité récompensant leur apport à la société (éthique, social, écologie, …) et non au marché. L’intérêt de l’activité du citoyen dans sa ville ou son pays, comme celui d’un parent dans sa famille ou d’un homme pour ses amis, comme celui d’un être humain pour sa planète, n’est-ce pas ici que pourrait situer ce qu’il serait intéressant de privilégier pour le valoriser d’une manière ou d’une autre ? Ne serions-nous pas tous prêts à indemniser les bénéfices communs de cette activité ?

C’est en tous cas ce que je souhaite personnellement et que j’estime comme une vraie voie alternative malgré tous les obstacles qui peuvent jalonner son éclosion.

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Les pieds nickelés et le droit d'option des frontaliers

16 Octobre 2013, 21:39pm

Publié par Patron du BarZinc

Les pieds nickelés et le droit d'option des frontaliers

Je reviens sur le rapport de nos pieds nickelés Decharrière, Toublanc et Rousselon ...
On va faire court.... oh et puis non en fait ...

Contrairement aux frontaliers avec le Belgique et l'Allemagne (qui doivent prendre une assurance dans le pays dans lequel ils travaillent, les 130'000 travailleurs frontaliers résidant en France mais travaillant en Suisse avait le choix entre la CMU (du régime global de la sécurité sociale), la LAMAL (régime général Suisse) ou une assurance privée. Aujourd'hui, 82% des frontaliers sont en assurances privées.

Le gouvernement vient de décider de supprimer ce droit d'option pour l'assurance privée et va obliger le frontalier à souscrire soit à la CMU, soit à la LAMAL. Il espère ainsi gagner environ 230 millions d'euros destinés à renflouer la sécu (en fait, à priori, aider les personnes âgées à payer la CSG et les étudiants à être mieux remboursés, ce qui peut paraître louable).

Le calcul de la cotisation annuelle CMU est simple:
(Revenu fiscal de référence - 9534 euros) x (6% du 1/6/14 au 1/6/15 et 8% ensuite)

Ce changement sera totalement significatif pour les frontaliers puisqu'il leur faudra aussi souscrire à une mutuelle.

Avant de passer aux choses qui fâchent, faisons le tour des questions les plus fréquentes:

  • Pour un couple dont les deux travaillent en suisse, l'abattement (9'534 euros) sera soustrait deux fois ? aucune réponse du gouvernement
  • Est-ce déductible des impots? oui. Comme cette déduction va diminuer le revenu fiscal de référence, la seconde année sera moins lourde
  • En allant sur une assurance européenne aujourd'hui, est-il possible d'y échapper ? non

Faudra t'il bientôt aussi retenir la CSG/CRDS ?

Rien n'est encore fixé et info et contre info affluent. La csg a d'ores et déjà été évaluée pour les frontaliers et elle s'élèverait alors 5,29% (en plus des 6 et 8%). Mais il est aussi possible que pour amortir le chute, l'Etat Français ne décide pas tout de suite ou jamais, de l'appliquer. Bref, rien n'est sûr.


Fantasmes du choix entre LAMAL et CMU ?

Beaucoup de documents présentent ce choix comme une formalité. C'est totalement faux en tous cas pour l'instant. Aujourd'hui 14'000 frontaliers sont déjà à la CMU, une dizaine de milles à LAMAL. Pour les autres qui sont sous assurance privée et donc en ayant décliné implicitement LAMAL, le retour est considéré par LAMAL comme irrévocable.
Ainsi ceux qui sont en assurance privée seront forcément CMU si ils ne font rien dès maintenant. Ajoutons qu'il faut justifier de critères précis pour entrer à LAMAL (le changement de conditions familiales n'est plus suffisant depuis mars 2013).
Ces points sont:

  • début d’une activité lucrative en Suisse après avoir travaillé dans un autre Etat
  • perte d’emploi en Suisse suivie d’une période de chômage indemnisé en France et retour à l’emploi en Suisse
  • perte du statut de « frontalier » en passant en résidence principale en Suisse
  • passage du statut de travailleur à celui de retraité (titulaire de pension)

Donc sauf si vous êtes dans un des cas ci-dessus et sauf si la SAM (Service de l’Assurance Maladie du canton de Genève) finirait par accepter un retour en arrière, votre choix n'en est pas un, sauf si vous décidez d'aller vivre à Genève !!

CMU mieux que LAMAL ?

En admettant que ce choix se pose réellement, la réponse est difficile car elle va dépendre de votre situation familiale. Globalement la CMU est plus intéressante que LAMAL mais deux facteurs rendent la comparaison complexe:

  • LAMAL rembourse les soins exécutés coté Français alors que la CMU demande une autorisation qu'elle n'accorde jamais en fait (sauf si des soins seront déjà en cours au moment du basculement).
  • Pour beaucoup de frontaliers et beaucoup de Suisses de souche, les soins sont plus onéreux mais de meilleur qualité coté Suisse (moins d'attente, spécialistes et médecine douce remboursés, etc...).

Quelques cas valent mieux que de longs discours (lorsqu'il est noté "décidé de rester en assurance privée cela veut donc dire -> CMU).
Assurance privée / LAMAL + complémentaire / CMU + complémentaire

Madame 41 ans, famille couverte par la sécurité sociale du conjoint, salaire de 50'000 CHF, soins en FR et CH. A décidé de rester en assurance privée
2'400€ / 3'870€ à 4'930€ / 2'610€ à 3'330€

Madame 38 ans, famille couverte par la sécurité sociale du conjoint, salaire de 110'000 CHF, soins en FR et CH. A décidé de rester en assurance privée
3'000€ / 3'850€ à 4'910€ / 3'190€ à 6'860€

Madame 29 ans, une seule assurée, soins en FR et CH, salaire de 70'000 CHF.
A décidé de rester en assurance privée
1'200€ / 3'820€ à 4'780€ / 3'740€ à 4'040€

Monsieur 29 ans, un seul assuré, soins en FR et CH, salaire de 100'000 CHF
A
décidé de rester en assurance privée
900€ / 3'760€ à 4'220€ / 5'540€ à 6'130€

Monsieur 35 ans, famille couverte par la sécurité sociale du conjoint, soins FR et CH, salaire de 130'000 CHF. A décidé d'opter tout de suite pour un retour LAMAL
900€ / 3'780€ à 4'260€ / 7'375€ à 7'700€

Monsieur et madame frontaliers, 2 enfants, 46, 40, 7 et 5 ans, soins en France, salaire de 200'000 CHF. A décidé d'opter tout de suite pour un retour LAMAL
4'900€ / 10'150€ à 12'190€ / 12'400€ à 13'710€

Monsieur et madame frontaliers, 58 et 46 ans, soins en Suisse, salaire de 250'000 CHF
A décidé d'opte
r tout de suite pour un retour LAMAL
3'800€ / 7'890€ à 11'060€ / 15'190€ à 16'135€


Le fameux trou de la sécu et l'effort commun:

Que les frontaliers soient solidaires au même titre que les autres salariés Français, je ne vois pas le problème, au contraire. Mais alors que le trou de la sécu s'estime à 18,6 Milliards d'euros et que les deux tiers s'expliquent par le fait que l'Etat n'a pas remboursé l'argent qu'il a lui-même pompé dans ces caisses depuis une vingtaine d'années (exonérations diverses, taxes tabac alcool non reversées, ...), cette mesure est sensée ramener 230 Millions. Je rappelle pour ceux qui n'auraient pas encore compris, que ce fameux trou était stabilisé voire en diminution avant que le chômage n'explose (moins de masse salariale = moins de cotisations). Vous me direz, 230 Millions, c'est toujours ça ... oui mais non seulement nous savons que cet argent n'ira pas là mais qu'en plus cela ne marchera pas !!

--- Ajout du 9 Novembre 2013 ---

Cependant pour être parfaitement objectif ou tenter de l'être, un chapitre du rapport de ces messieurs, reste pertinent:

"Chapitre 1.2.2.1 - Page 11

Or, si les assureurs sont tenus de ne pas résilier un contrat en cours du fait d’une aggravation 
de l’état de santé de son titulaire11, ils ont en revanche la possibilité d’imposer, à la souscription, des questionnaires de santé, voire des examens médicaux. Si le frontalier désirant souscrire le contrat est classifié comme « mauvais risque », il peut alors se voir appliquer une surprime (« risque aggravé »), ou tout simplement se voir opposer un refus d’adhésion. Une partie de la population frontalière (les « mauvais risques ») est par 
conséquent rejetée vers la Sécurité sociale, là où les bons risques ont accès à l’assurance privée, lui permettant de pratiquer des tarifs d’autant plus attractifs (la sinistralité des portefeuilles s’en trouvant amoindrie). 
L’étude de la prévalence des affections de longue durée (ALD) s’avère à cet égard éclairante : les statistiques transmises à la mission par la CNAMTS indiquent que, pour une population du régime général de même pyramide des âges et de même profil par sexe que les frontaliers travaillant en Suisse, le taux moyen d’ALD s’établirait à 1,78 %. Or, les statistiques transmises 
à la mission par les caisses primaires d’assurance maladie (CPAM) du Doubs, du Haut-Rhin et de Haute-Savoie montrent que ces trois caisses comptent en moyenne 25,2 % d’affiliés frontaliers en ALD au sein du petit régime CMU « 801 » "

Nous avons en effet ici, une réelle inégalité. Je vous fais un résumé: "Les assurances privées (avec un bémol pour les mutuelles) gèrent les risques de personnes jeunes et en bonne santé globalement. Dés la sortie de ce cadre (affections longue durée, retraite, licenciement suit à maladie, etc...) la population en question revient dans le giron de la sécu sans pour autant y avoir contribué jusqu'alors.

Oui et bien malgré tout (voir la conclusion) je ne comprends pas que ces assurances privées ne soient pas elles aussi sollicitées pour palier ce problème.

--- fin de l'ajout ---

D'autres mauvaises nouvelles:

C'est un sale coup pour les frontaliers mais je crains que cette hausse soit accompagnée de deux autres qui risquent de créer une lame de fond.

  • la hausse des impôts à la source (changement des barèmes et de la méthode de calcul dés l'année prochaine ici) ... ils le savaient ça les experts ??
  • taux de change qui est à son maximum aujourd'hui et qui ne saura donc que chuter (ici)

Le cumul de ces effets risque de faire basculer la situation vers l'insoutenable pour bon nombre de frontaliers, selon leur salaire et leur profession.

Limites de l'expertise:

Nos trois experts (le rapport de nos pieds nickelés est ici) sont venus en mai 2013
et le rapport a été rédigé en Juillet 2013. Ils ont rencontré tout un tas de collectivités territoriales (entres autres la CPAM comme si ils avaient déjà décidé et qu'ils voulaient juste vérifier que l'engorgement de ce service serait soutenable), des associations de frontaliers et les autorités Bernoises.
En trois petits mois, sans compter le temps de rédaction, ils ont vite fait de clore le sujet ... alors que certains frontaliers mettent plusieurs années à bien comprendre les rouages de l'édifice complexe qui existe dans nos relations imbriquées avec nos amis Genevois.


Honnêtement, malgré les ardents défenseurs de nos cerveaux étatiques, je pense que la conclusion était écrite avant qu'ils n'enquêtent. Une fois encore, comme depuis plusieurs dizaines années, nous avons affaire à des comptables pour qui le moyen ou le long terme sont des gros mots. Pire que cela, fort est à parier que comme pour beaucoup de mesures (mesurettes) les effets souvent néfastes sur le moyen terme ne seront même pas pris en compte du tout.


A comptable, comptable ennemi:

Comptable pour comptable, dans un premier temps, l'erreur est de croire que les frontaliers ne vont pas aller en masse vers LAMAL.
Voici quelques exceptions:

  • les gros salaires vont s'installer en suisse (ou retrouver une adresse même fictive) -> LAMAL
  • les suisses et double nationaux vont s'installer en suisse (ou retrouver une adresse même fictive) -> LAMAL
  • les français sont cabochards et rancuniers, même les frontaliers, alors les furieux vont tenter leur chance à Genève -> LAMAL
  • certains (surtout un des deux membres d'un couple de frontalier) vont au chomage en France (ils ont deux ans devant eux), donc moins de rentrée pour la Secu au lieu du contraire -> CMU mais sans cotisations
  • comme beaucoup de frontaliers sont des déracinés venant d'autres départements, ce sera un retour en France au département d'origine pour ceux dont le salaire est faible à moyen -> sécurité sociale
  • ceux qui guettent le retour arrière de la SAM (voir plus haut) et sont décidés à aller vers LAMAL. D'ailleurs, d'après un sondage sur 625 personnes, environ 67% décideraient de partir vers LAMAL.

Notons tout de même que dans le rapport, le gain prévu de 230 Millions tient compte d'un taux de fuite vers LAMAL de 73% des frontaliers !!! (oui, oui, ils ont prévu la débandade !!). Personnellement je pense que ce sera plus ... c'est LAMAL qui va être contente ...


Effets collatéraux:

C'est sur ce point que je suis ulcéré. Je me suis amusé à réfléchir sur quelques points.
Notons, qu'hormis ces blaireaux du MCG, Genève n'est pas plus satisfait de cette décision que les frontaliers.
Selon le cas (diminution du nombre de frontaliers, perte du pouvoir d'achat, basculement massif vers LAMAL ou vers la CMU, ...) les effets que j'imagine sont:

  • Coté Français: Ceux qui n'ont jamais rempli une déclaration d'impôt coté français (et il y en a beaucoup) vont débouler dans les centres fiscaux ...
  • Coté Suisse : Les services de LAMAL vont rapidement être engorgés
  • Coté Suisse : l'arrivée massive de personnes vont faire grimper les loyers alors qu'ils sont déjà au top
  • Coté Suisse : les mutuelles vont se goinfrer et les familles genevoises vont souffrir
  • Coté Suisse : le populisme s'en trouvera ragaillardi (dedieu, les frouzes qui viennent s'installer à Genève, ça va ou bien ?)
  • Coté Suisse et Français : perte d'emplois dans le domaine des mutuelles et des assurances privées frontalières
  • Coté Suisse : commerce, restauration, tout le monde va souffrir
  • Coté Français : les communes frontalières qui bénéficient des impôts reversés par Genève vont la trouver douloureuse
  • etc ...

Le Grand Genève

L'architecture actuelle du bassin lémanique rend la vie économique difficile aux personnes qui travaillent en France avec un petit salaire et la vie professionnelle compliquée aux familles avec peu de ressources coté Suisse, c'est une certitude. Cependant, la force de cet édifice réside dans la création d'emplois impulsée de part et d'autre de la frontière pour permettre aux infra-structures de suivre la progression. La chute du pouvoir d'achat et la baisse de l'intérêt pour les emplois frontaliers va porter un sérieux coup à l'édifice.

Les Assurances

Je me suis aussi posé la question pourquoi les assurances privées frontalières ne montaient pas plus au créneau (à part Alptis en tous cas). Je pense qu'elles restent embusquées pour les mutuelles, sinon je ne comprends pas.

Les entreprises
Coté des entreprises romandes, cela va souffler aussi très fort. Evidemment, si le nombre de frontaliers diminuent, les entreprises vont devoir chercher de la main d'oeuvre ailleurs (car les emplois ne seront pas globalement pourvus par les genevois) et les salaires risquent ainsi de chuter. Ensuite, il faut penser que les frontaliers allemands, autrichiens et italiens travaillant en suisse vont continuer à profiter du droit d'option (qui a été initié par la Suisse auprès l'U.E. ne l'oublions pas), les entreprises ayant besoin de frontaliers pensent à déménager le long de ces frontières pour récupérer une manne frontalière.

Finalement, gageons que des échappatoires seront trouvées malgré tout ... deux pistes déjà:

  • Les affiliés à LAMAL peuvent, en versant une somme très modique (plafond 32'000 euros / an), s'assurer avec leurs ayant droits à la CFE (Caisse Française des Etrangers) en complément de Lamal pour 544 euros / trimestre. S'expatrier en Suisse pour s'assurer un complément en France auprès de la CMU !
  • On peut être domicilié en Suisse la semaine et garder son domicile fiscal en France. A ce titre, notons un effet positif; comme il existe beaucoup de personnes seules sur Genève, messieurs ou mesdames les célibataires frontalier(e)s, luttez contre la solitude ...
Conclusion

Les frontaliers ont eu droit à des petits reportages télévisés qui les faisait passer pour des gros salauds déconnectés de la réalité (imaginez un smicard - ou rsacard qui regarde tout cela). Ce n'est pas toujours faux et certains de ces parvenus sont carrément puants, preuve en est la réaction immédiate de certains sur les forums à dire qu'ils ne veulent pas participer à remonter une CMU qui ne sert qu'à favoriser les feignants. La réalité n'en est pas moins beaucoup plus complexe et l'équilibre de la construction très fragile. Si cet édifice tombe ou s'affaisse, personne n'y trouvera son compte.

Il aurait été possible de trouver une autre piste pour la solidarité. Peut être l'origine de tout cela est l'exemption pour les frontaliers de la CSG/CRDS (car non affiliés au régime de la sécurité sociale) qui a conduit l'Etat, qui ne l'a jamais digéré (rappelons qu'il sa'git d'une jurisprudence de la cour de justice européenne), à trouver un autre biais. Ces couillons votent les lois au niveau européen et se les prennent dans la figure ensuite ou s'en servent comme bouc-émissaires.

Cette décision en tous cas est une erreur. Quand on pense que nos pieds nickelés ont prévu une fuite de 73% des gens vers LAMAL, cela signifie que pour eux, ceux qui vont rester seront les familles et les personnes avec enfants à charge, qui n'auront guère de choix. Bravo, belle cible pour gratter quelques millions que vous allez vous dépêcher d'engouffrer par des abattements fiscaux aux entreprises du CAC40 alors que plus de 50% de leurs capitaux appartiennent à des étrangers.

Puisque les frontaliers semblent une manne, il aurait été plus judicieux de demander aux assurances qui se goinfre ou aux communes limitrophes très riches, de participer à cet effort ou de changer la réglementation fiscale pour les gros salaires. Bref, d'autres pistes existaient, c'est certain. Mais il fallait ficeler vite fait bien fait, une petite solution bien pourrie, dont les effets secondaires seront pénalisants. Pourquoi les suivants se sentent-ils obligés d'être aussi bêtes et peu imaginatifs que leurs prédécesseurs.


Tout cela pour dire que cette décision risque d'impulser des effets qui vont certainement largement contribuer à rendre la mesure peu efficace voire carrément contre-productive.

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Climatisacon

15 Septembre 2013, 08:42am

Publié par Patron du BarZinc

Climatisacon

Je ne mets jamais de sel dans les aliments mais j'aime en avoir dans l'eau. Alors me voilà parti pour la grande bleue. Habité par des images de cieux de l'orangé au rose, de plages un peu désertées et de vaguelettes moutonnantes et aveuglantes, je roulais sur les autoroutes du sud. Respectant les conseils de la sécurité routière, je m'arrête tous les deux cents kilomètres. Non, ce n'est pas que je suis forcément respectueux des règles en usage surtout quand elles sont aussi à l'emporte-pièce que celles-là, mais la raison provient plus du fait que je mets le chauffage à fond avec les vitre ouvertes pour évacuer la chaleur du moteur qu'ils ont réussi à caser dans cette toute petite voiture. Ma sueur ayant eu raison des pourtant derniers quatre-vingts kilomètres, une autre raison était la faim, c'est vrai et je m'étais résolu à engloutir quelques euros dans le genre de nourriture à l'emporter que l'on trouve dans les restoroutes. Celles dont il ne faut jamais, mais jamais, regarder la composition au dos.

Bref, je m'arrête autant à l'ombre que possible, ouvre toutes les portes, descend ma carcasse et l'étire dans tous les sens. Légèrement en retrait des pompes à essence, un silence de garrigue m'imprègne. Silence tout de même perturbé par un ronronnement de moteur. Quelques camions garés en plein soleil avec le conducteur dormant à l'arrière sont pourtant moteur arrêté. Un tour d'horizon rapide me donne l'origine. Un type assis dans la voiture, les mains sur le volant, garé aussi à l'ombre me regarde sans me voir, son moteur tournant au ralenti. Il ne bouge pas, ni ne descends, ni fait mine de préparer son prochain départ. Je trouve vraiment peu élégant de laisser tourner son moteur de la sorte et le moteur lui-même doit être de cet avis. Je passe lentement près de lui pour valider que le moteur tourne et me dirige vers l'estanco. J'achète trois sandwichs plats vaguement jambon beurre, un jus d'orange à l'acide nitrique, repère la machine à café, paie l'aubergiste et repart en direction de l'ombre et de mon véhicule resté ouvert.

En repassant vers la voiture, je retrouve le type dans la même position, moteur au ralenti, les mains toujours sur le volant. Il est bon de penser à autre chose en avalant ce genre de nourriture et je m'y emploie en regardant le pollueur et en secouant la tête en signe d'incompréhension. Peut-être attend-il quelqu'un ou quelqu'une, ou regarde-t-il une carte ou attends une place à la pompe ou est atteint d'une paralysie foudroyante du canal rachidien ? Non, aucune de ces hypothèses ne tient. L'absorption de la fiole de colorants et conservateurs Exxx déclenche sans doute une activité accrue de ma thyroïde et l'explication surgit, évidente, saugrenue, infâme … la climatisation. Ce type laisse tourner son moteur pour profiter de la climatisation. Toute la stupidité de cette scène m'explose alors au visage. Après bon nombre de kilomètres, ce naze tient à respecter les conseils de la sécurité routière, se gare alors dans une aire, mais reste assis au volant en laissant tourner son moteur. J'hésite entre pleurer de désespoir sur mes congénères, me gâcher les vacances avec cette démonstration de connerie pure ou lui dire que son attitude est dénuée de bon sens. Je choisis la dernière option et me dirige vers lui en sachant que même si je lui éclate sa face d'abruti sur son volant, même les dents plantées dans le plastique de la garniture, même l'airbag écrasant le siège de sa bêtise, je ne dois me faire aucune illusion, il ne comprendra pas. Au moment où je sens qu'il est en train de saisir que je tiens à m'entretenir avec lui, sur mon côté droit, un second petit parking caché par les pins se dévoile. Dans ce parking, trois autres voitures en plein soleil cette fois-ci dont deux avec les gens dedans et le moteur qui tourne … Je m'arrête brusquement en réalisant que j'ai affaire à une secte … Une secte de cons.

Mais attention, pas des cons comme il est encore possible de les trouver dans certains villages, non pas des cons congénitaux, qui ont pour leur part au moins l'excuse des mariages consanguins. Pas non plus de la bourgeoisie de cons, vous savez ceux qui sont cons depuis des générations et qui le cultivent en se reproduisant entre eux et en vivant en vase clos. Non, non, … nous avons affaire ici à des cons parvenus, les pires. Ceux que rien ne disposait à devenir aussi cons mais qui, à force de travail et de persévérance dans la connerie ont atteint une sorte d'apogée qui leur semblait hors de portée. Du con élevé en plein air, du con de concours, du con avec le label vert, élevé à la télévision et aux journaux gratuits, sans doute avec un tatouage représentant un signe tribal totalement inventé et flanqué sur une épaule molle, boutonneuse et blanchâtre, bref, du con ahuri, celui qui ne nie pas mais qui ne saisis pas vraiment pourquoi il est si con et comment il pourrait bien en sortir. La connerie est un sujet très vaste, vous comprenez, la nature qui fonctionne par reproduction n'a pas lésiné avec elle. Par exemple on y trouve un cas frappant de parthénogenèse qui permet à la connerie de s'étendre sans avoir besoin de l'autre. Nous pourrions parler aussi de l'application rigoureuse du principe de relativité qui veut qu'un abruti au bord de la voie ferrée verra la pomme qu'il a bêtement lâchée tomber de manière rectiligne alors que le même abruti qui lâchera cette pomme dans le train la verra, aux yeux du premier, décrire une parabole. Cette parabole est que la connerie dépend du référentiel et que même si je l'avais interpellé sur la bêtise de son acte, il m'aurait pris pour un con. Eh oui, le référentiel … la différence est que le con ne se nourrit pas d'introspection et qu'ainsi, outillé seulement de sa connerie pourtant monumentale, il ne sera pas naturellement enclin à se demander si son acte n'est pas réellement un peu con. Non, au contraire, il jugera toute atteinte à l'expression de sa connerie comme la manifestation de celle de l'autre. Vous comprenez, tout est affaire d'équipement, le con congénital en est dépourvu, le con générationnel est équipé pour persévérer dans cette voie mais le con parvenu est dans une situation très compliquée. Il a un équipement limité qui ne lui laisse le soin que de comprendre les tâches simples: pipi, caca, télé, climatisation, foot … Un équipement binaire qui l'empêche de saisir les nuances. La sécurité routière a dit : " Arrêtes toi de temps en temps pour faire une pause", alors le blaireau a bien intégré car il est respectueux des règles. Il s'arrête ainsi tous les deux cents kilomètres sur une aire d'autoroute, le long d'un trottoir, le moteur au ralenti, toute la famille dedans, avec la climatisation à fond et … il attend. Personne ne sait ce qu'il attend vraiment, lui pas plus que nous, mais il attend et regarde droit devant lui …

Quand je suis revenu du café, il était reparti pour deux cents autres kilomètres, emportant avec lui sa climatisation, sa connerie et encore un petit morceau de mon espoir concernant mes congénères. Les vacances commencent bien …

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Revenu de base

1 Juillet 2013, 08:36am

Publié par Patron du BarZinc

Revenu de base

Voilà un sujet qui va nous permettre de lire bien des conneries dans les commentaires. L'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne.

La réflexion doit s'inscrire dans le moyen terme, dans le global et surtout pas dans le nombrilisme.

http://revenudebase.info/initiative-citoyenne-europeenne/

Titre de l’ICE :
Revenu de base inconditionnel - Explorer une voie vers des conditions sociales émancipatrices dans l’UE
Sujet :
Demander à la Commission d’encourager la coopération entre les états-membres (tel que spécifié par l’article 156 du TFEU) afin d’explorer le revenu de base inconditionnel comme un outil pour améliorer leurs systèmes de sécurité sociale respectifs.
Objectifs:
Dans le long terme, l’objectif est d’offrir à chaque personne dans l’UE le droit inconditionnel la sécurité de ses besoins matériels de base propre à lui assurer une vie en dignité selon les termes des traités de l’UE et à lui permettre la participation à la société, soutenue par l’introduction du RBI.
Dans le court terme, l’UE est demandée de promouvoir des initiatives telles que des études préliminaires (Art 156 TFEU), et d’examiner la faisabilité des differents modèles du RBI (résolution du PE 2010/2039(INI) §44).

revenudebase.info

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Inacceptable accepté

1 Juin 2013, 08:29am

Publié par Patron du BarZinc

Inacceptable accepté

Je suis fasciné par cette faculté d'accepter l'inacceptable ...
A l'instar des laboratoires pharmaceutiques et notre agence l'AFSSA, les américains ont une fois de plus fait plus fort que nous ...


Il a été promu d'ailleurs par Obama ...

http://www.washingtonpost.com/blogs/blogpost/post/monsanto-petition-tells-obama-cease-fda-ties-to-monsanto/2012/01/30/gIQAA9dZcQ_blog.html

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Désobéissance Civique

1 Mai 2013, 08:24am

Publié par Patron du BarZinc

Désobéissance Civique

Voici l'article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1793


"Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs."


Je vous laisse juge "d'évaluer" quand les gouvernements auront, pour l'intérêt de certains seulement, suffisamment violer ne serait-ce que les principes énoncés en préambule de notre constitution.

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